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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 23:11

Entre deux treks de folie, j'ai découvert une histoire en Patagonie. Une histoire bien peu connue sous nos latitudes...du moins je n'en avais jamais entendu parler.

Sachez que lorsque vous achetez Benetton, vous participez non pas à un acte de rapprochement des peuples "United Colors" comme leurs publicistes essayent de nous faire croire, à grand renfort de provoc' en tout genre. Mais vous contribuez plutôt à la spoliation des Indiens Mapuches de Patagonie. 

La Patagonie est un territoire très vaste. En la traversant on se rend d'ailleurs compte que la frontière n'est là que pour de pures formalités administratives et qu'un jour quelqu'un a dû tracer un trait pour délimiter les deux pays. Chili, Argentine, c'est la même chose (au risque de me faire taper dessus). Sincèrement, les paysages de Patagonie et les moutons qui y paissent tranquillement y sont tellement semblables qu'il serait bien difficile de distinguer où l'on se trouve sans une frontière.

Qui dit vaste territoire, dit vastes terres. Et problèmes de propriété et de propriétaires.

À la fin des années 90, Benetton commença à s'intéresser à la Patagonie et à acheter de nombreux hectares pour y planter ses moutons et récolter la laine qui allait servir à sa production.

Sauf que chez les Indiens Mapuches qui vivaient là bien avant que Benetton ait vendu son premier pull, la tradition est orale, comme dans toute communauté indigène. Les terrains se transmettaient de génération en génération, sans papiers signés ou passage devant notaire.

Profitant du flou législatif existant en Argentine, l'entreprise a fini par acquérir 900.000 hectares en Patagonie. En les volant carrément aux Indiens Mapuches présents sur ces terres depuis des siècles!!!

Pas de papiers, pas de vols ni de spoliation dit Benetton!

En attendant, les Indiens tentent malgré tout de récupérer des miettes de ce qui leur appartient. Quelques procès ont été faits à la famille italienne. Autant dire que c'est David contre Goliath cette histoire là. Et ce n'est pas la proposition récente du gouvernement argentin de limiter l'acquisition de terres aux investisseurs étrangers qui y changera grand chose. Si nouvelle loi il y a, elle ne sera pas rétroactive.

Benetton n'est malheureusement pas le premier ni le seul à avoir ce genre de pratique. On pourrait parler aussi pendant des heures des marques qui font travailler des enfants ou de celles qui exploitent des petits chinois. Oui je sais. Mais là, je suis écoeurée par tant de décalage entre "l'image" de la marque et sa triste réalité... 

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